Artéfact culturel
Le code, comme le langage parlé ou écrit, peut être un médium d’expression esthétique.
Des différences stylistiques entre programmeurs aux poèmes en Perl de codeurs anonymes, il offre un ensemble singulier de contraintes créatives. Le code source est à la fois univoque et ambivalent : il ne tolère aucune ambiguïté dans son interprétation, tout en devant rester intelligible à la fois pour les machines et pour les humains. Il existe ainsi comme forme culturelle, visible dans les langages de programmation ésotériques ludiques, les concours visant à produire les programmes les plus obscurcis, ou encore dans des logiciels malveillants élégamment écrits.
Mais le code source existe aussi au sein de la culture. Écrit par des humains inscrits dans des imaginaires et des pratiques spécifiques, il reflète le contexte dans lequel il est produit. Il peut par exemple exprimer la culture hacker, où savoirs et compétences techniques se mêlent à des plaisanteries d’initiés, ou refléter des luttes féministes lorsque le code devient un moyen d’expression artistique et politique. Dans un sens plus large, il émane d’une population largement homogène – majoritairement blanche, masculine et située dans le Nord global – au sein de laquelle les langues autres que l’anglais sont souvent perçues comme des curiosités et où les inégalités de genre demeurent profondément enracinées.